25/04/2007

Vous n'en avez pas marre, vous, de ces annonces de "records historiques" ?

canicule.2

Hier, je zieute le journal d'un type dans le métro. "Le mois d'avril le plus sec de l'Histoire". On va y avoir droit tous les mois, à ce genre de titres, ou quoi ? On a quand même tous compris qu'on se dirigeait inéluctablement vers la chaleur maximum, alors ? Bon, ok, alors je fais les titres à l'avance. "Record d'ensoleillement pour le mois de mai". "Le mois de juin le plus torride de l'Histoire". "Juillet 2007 : plus caniculaire que jamais". "Août 2007 : l'été meurtrier". Ah bah oui, parce qu'on va encore en avoir, des morts, y a pas de raison.

À ce sujet, je commence tout doucement à en avoir ras la frange du ton badin qu'adoptent d'office les commentateurs de reportages pour le JT dès lors qu'il s'agit de la météo anormalement chaude. Bon, je sais, chuis un adorateur du froid, mais quand même, y a pas de quoi rire, merde, les agriculteurs sont inquiets (à raison, je veux dire), les fagnards aussi (accessoirement, moi aussi, je flippe, si on approche déjà des 30° en avril, qu'est-ce que ça va être en juillet ? ), la nature se dérègle complètement alors franchement, la vue de Monsieur et Madame Trucmuche, hilares, commandant une glace au Bois de la Cambre, et assurant au journaliste médusé que non non, ils n'ont pas oublié de mettre de la crème solaire, hahaha, c'est vraiment pas de nature à me faire marrer. Combien de morts faudra-t-il pour qu'on arrête d'afficher systématiquement une maxi-banane dès qu'il est question de températures flirtant avec les 45° ?

16:01 Écrit par Wineblood | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

11/04/2007

Impermanence, vacuité et angoisse.

Sunn O))) - Black OneOn fait parfois des connaissances à l'hosto, qui peuvent se transformer en amitié. Non seulement c'est le cas de CB, mais le hasard (yapadehazar, mitrailleront les lamaïstes) a voulu qu'il vienne habiter non loin de chez moi. Souvent, il proposait qu'on aille boire un verre à la taverne du quartier. Le blème, c'est qu'avec lui, à tous les coups, on faisait la fermeture. Alors, le lendemain, on était frais !!! Donc, j'ai essayé de lever le pied de ce point de vue-là. Et je suis resté sans nouvelles pendant de nombreuses semaines. Jusqu'à hier. Où il m'a envoyé un mail pour m'annoncer qu'à Erasme, on lui avait diagnostiqué une tumeur dans la langue (du plancher buccal, pour être exact). Biopsie lundi. Il a donc insisté pour qu'on aille boire un verre (comprenez "un dernier verre") avant son hospitalisation. Quelle que soit la réelle gravité de ce qu'il a (si ça se trouve, c'est une tumeur bénigne, voire une tumeur maligne certes, mais "prise en charge bien à temps"), lui il imagine le pire, à savoir ablation totale de la langue et surtout, il est convaincu qu'il vit là ses dernières heures de "vie en liberté", càd hors-hosto. Comme perso j'ai souvent l'impression, lorsque chuis hospitalisé, que "je sais quand je rentre, je ne sais pas quand je sors", j'ai un peu du mal à le convaincre que mais-non-mais-non, dès lundi soir, il sera de retour chez lui, d'autant que ni lui ni moi n'en sommes convaincus. Alors voilà, je le vois demain soir. J'espère que j'aurai la force de lui servir à quelque chose. Être à l'écoute, ça ne me fait pas peur, il paraît que je fais ça bien. Mais si ça ne suffit pas ? Trouver les mots qui apaisent ? Lesquels ? Ce qui en ce moment lui fait le plus peur, ce n'est pas tant la mort mais toutes les souffrances qui risquent de la précéder. Il crève déjà de mal maintenant, alors...

09:46 Écrit par Wineblood | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |