06/11/2006

Guaraná

GuaranáL'autre jour, je trouve ça, pas sur le clavier de mon synthé, mais par terre, juste à côté d'un des deux night shops près de chez moi. Et ça fait tilt, je me suis retrouvé 20 ans en arrière !
 
C'est un soda soi-disant à base, donc, de guaraná, une plante (merci Wiki) "cultivée en Amérique du Sud par les Indiens guarani qui l'appellent « wara´ná » dans leur langue, le tupi". Bon, en fait, il y a autant d'extrait de guaraná là-dedans qu'il y a de jus d'orange dans le Fanta, mébon. De janvier à mars 1987, j'ai fait un voyage au Brésil avec mon ex. En trois mois, il y a eu le pire mais aussi le meilleur. Je raconterai une autre fois. Mais mon ex m'avait super-bien préparé à ce voyage. Elle-même avait fait un voyage d'un an à travers l'Amérique du Sud en 1981. Et on s'est connus en 1983. Et donc, elle a commencé à me faire écouter de la MPB à foison (música popular brasileira), Caetano Veloso (dont elle était et reste fan), Djavan, Milton Nascimento... J'ai tellement mordu à l'hameçon que je me suis mis par moi-même à en rechercher davantage (sans Google, mais avec la Médiathèque). Et là, j'ai connu, enfin, on a connu Ivan Lins, Wagner Tiso, Quarteto em Cy... C'est avec la MPB que je me suis très vite mis à apprécier le son du portugais du Brésil, qui a des variantes selon les Etats, mais qui globalement se distingue très fort du portugais européen. Le portugais du Brésil est beaucoup plus facile à parler et à comprendre pour un francophone que le portugais du Portugal.
 
Et c'est tout imprégné de ce background que j'ai débarqué à Rio début janvier 1987. Les débuts ont été durs. Je ne détestais pas encore autant le soleil qu'aujourd'hui, mais quand même, on ne s'aimait déjà pas beaucoup. Mébon, il y a eu beaucoup de moments où il ne se passait rien de particulier mais où l'atmosphère du moment était prenante. Comment résumer trois mois ? Pfff... impossible. Mébon, je découvrais le soda guaraná et la cachaça (sorte de rhum blanc moins raffiné, mais plus savoureux, en principe, c'est avec ça qu'on prépare la vraie caipirinha - pron. kaïpirínia), principalement la marque Pitú ('vec un chti crustacé sur l'étiquette). Je découvrais aussi le "guaraná em pó", guaraná "en poudre", mais du vrai, cette fois (c'est positivement infect mais supposément tonique... bof... Qu'est-ce qu'on dit ? Merci, Mr Effet Placebo !).
 
Jusqu'à il y a 8-10 ans, le soda guaraná, si on le trouvait à Bruxelles, c'était dans the magasin d'alim tropicale du quartier Matonge, perdu parmi les innombrables condiments z'et épices africaines, dans le tout p'tit coin consacré au Brésil.
 
Le fait est qu'il y a dans mon quartier une forte immigration brésilienne. De plus en plus forte. Tout angélisme mis à part, j'insiste sur le fait que ça a beau être une immigration de très grande ampleur, celle-ci, tout comme l'immigration polonaise, ne pose -dans mon quartier, en tout cas- rigoureusement aucun problème. Et du coup, un des deux night shops les plus proches de chez moi (dont le patron paki a épousé une Portugaise, ce qui, c'était pas prévu, mais bon, facilite grandement le contact) s'est mis à distribuer le périodique gratuit "etc." (www.brasiletc.com), à vendre de la bière Brahma et ce fameux soda guaraná. J'ui en ai acheté, évidemment, et là, badaboum, flashback ! L'effet madeleine Proust, je sais ce que c'est à présent... Iiih, meu Deus do céu !!!

14:50 Écrit par Wineblood | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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