03/08/2006

Du côté de chez J.A.A.D.T.O.L.Y.

Sukses & Wickes (au téléphone)

 

Stef : Dis au fond, bête question, ici : à ton avis, est-ce que l'essence précède l'existence ? Ou bien est-ce que ce serait pas une fois le contraire ?

Fred : ...

S : Tu es toujours là ?

F : Si tu permets, je réfléchis deux secondes à ta question.

S : Laisse tomber, ça peut attendre.

F : Dis, plus important ici : je dois renouveler mon "espace froid".

S : Alors une seule adresse : Electro Cash Cash.

F : Plus haut ?

S : Bbbheuuuh, plus haut ? Comment ça, plus haut ?

F : Rien.

S : Bon. Je parie un congélateur que tu ignores tout de leur quinzaine "frigos américains".

F : Tu sais, chez nous, l'américain part tellement vite qu'il n'y a pour ainsi dire jamais rien à remettre au frigo. Et au cas, je dis bien au cas où il en reste, je donne ça au chien. Il adore ça.

S : Je te parle pas d'américain de la viande, je te parle de frigo américain, de marque américaine. Comme tu dirais une belle américaine de l'Oncle Sam que ce sont quand même les Américains, il faut bien le reconnaître, les pionniers en matière de beaucoup de choses, notamment en matière d'électroménager, que maintenant évidemment, ce sont les Japonais qui ont tout raflé à force de tout copier par satellite mais s'il vous plaît rendons quand même à César ! S'il vous plaît !

F : Stop ! Attends !... Tu parles de frigo américain ?

S : Tout juste.

F : Le mien est de marque allemande. Dieu sait si l'Allemagne est réputée en matière de robustesse pour ses produits électroménagers, et ce depuis la guerre et même avant. Ah oui, les Allemands ! Tu parlais de rendre à César mais aux Allemands, dis !...

S : Oui ? Quoi ?...

F : J'ai perdu le fil...

S : De ton frigo allemand ?

F : Oui, c'est ça ! Eh bien il vient de me lâcher après 17 ans 10 mois et 4 jours de bons et loyaux services.

S : Du jour au lendemain ?

F : Comme je te le dis. Tu rigoles, mais ce fut une catastrophe.

S : Mais je rigole pas ! Surtout pas avec les Allemands.

F : Toute la cuisine était sous eau, fieu. Tu aurais dû voir les paquets de surgelés tout mous qui flottaient là-dedans. Même un bac de 15 litres de glace vanille qui s'était renversé ouvert... Nadine a dû écoper toute la nuit.

S : Il vous a lâchés en pleine nuit ? C'est quand même typique des Allemands, ça ! Il faut toujours qu'ils attaquent de nuit !

F : En stuka, je te prie de croire que Nadine n'en menait pas large.

S : Tu l'aidais quand même pour écoper ?

F : J'avais pas le temps. Je cherchais la garantie de l'appareil.

S : Ah ben évidemment ! Où avais-je la tête ? Tu as sans doute une garantie en béton là-dessus dans le bassin de la Ruhr ?

F : Détrompe-toi. Les Allemands sont finauds. La garantie prenait fin il y a un mois. Même pas.

S : Eh bien, c'est ton jour de chance !

F : Tu trouves ?

S : Mais si ! Parce que les frigos américains d'Electro Cash Cash... (Il se met à rire.)

F : Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu ris ?

S : "Plus haut" ! Je viens de comprendre ! Cash Cash ! "Plus haut" !...

F : Oui.

S : Enfin bref. Des frigos américains, j'en ai pris cinq.

F : Formidable ! Combien tu peux m'en céder ?

S : Ecoute, il m'en faut un pour la cuisine, un pour le garage, j'aime bien en avoir un dans ma chambre au cas où j'ai une petite soif pendant la nuit, j'en ai donné un à  ma mère... Il m'en reste un.

F : Ça va être un peu juste...

S : Dis ! C'est seulement pour te dépanner, hein !

 

(Quelques jours plus tard...)

 

S : Alors, ton frigo américain ? Content ?

F : Content. Enfin, content... J'ai quand même dû essuyer deux ou trois avatars pas piqués des pommes de pins avec ton frigo américain.

S : Dis, je voudrais pas faire ma Nathalie Sarraute, ici, mais je sens à l'emploi intempestif du pronom possessif "ton" dans l'expression "ton frigo américain" que tu essaies sournoisement de me faire endosser la responsabilité de quelqu'ennui que tu aurais eu avec ton frigo.

F : Ne t'emballe pas ! J'ai eu en effet quelqu'ennui, mais il s'est avéré qu'il s'agissait d'une simple histoire de branchement.

S : Ah, j'aime mieux ça. Parce que branchement, je commençais à être vexé !

F : Je vais te raconter une anecdote qui va tout de suite te faire comprendre pourquoi bien malgré moi j'ai pu émettre quelques réticences quant à mon frigo américain.

S : Mais enfin qu'est-ce qu'il s'est passé ? Parle ! Parle donc ! Je suis suspendu à tes lèvres via le cornet !

F : Eh bien, j'ai eu le tort de demander un coup de main à mon beau-frère.

S : Pour le branchement ?

F : Pour le branchement, oui. Mon beau-frère travaille à la télédistribution. Je me suis dit, pour un branchement c'est idéal. T'aurais dû voir l'apocalypse que j'ai eue dans ma cuisine...

S : Brosse-moi une description, que je puisse revivre la chose.

F : Une description je sais pas, mais si tu veux une comparaison c'était comme le cimetière des éléphants du Roi Lion... Ou alors comme le second  cercle de l'enfer, ou le cinquième, je ne sais plus, tu sais, celui où il y a les Incontinents là, chez Dante Alighieri...

S : C'est le cinquième, je crois.

F : Terrible. Indescriptible.

S : Mais quoi ? Parle ! Ne sens-tu pas que je suis toute ouïe ?

F : Figure-toi que cet olibrius avait branché le distributeur de glaçons et d'eau froide sur le chauffage central. Evidemment ça a fait un des ces micmacs là-dedans !... Tout le bazar s'est mis à déconner.

S : Ouille ! Ça s'appelle un "Paper Jam in the Fridge"...

F : Possible. En tout cas ma femme s'est réveillée de froid à trois heures du matin avec un stalagmite au bout du nez.

S : ... Tite !

F : Comment ça, "tite" ?

S : Stalactite parce que ça tombe. Du nez ça ne peut être qu'un stalactite, hein ! Forcément.

F : Mais dis ! Tu ne sais quand même pas comment dort Nadine !

S : Raconte. La suite.

F : Bon. Donc : froid glacial de canard dans toute la maison. Nadine se lève. Elle entend un drôle de bruit dans la cuisine.

S : Un bruit ?

F : Oui. Une sorte de "gnignigni". C'était le frigo.

S : "Gnignigni" ? Tiens, les miens ne font jamais ça. Ils feraient plutôt "rôôôrôôôrôô" comme des gros cormorans...

F : Dis, je peux continuer, oui ?... "AAAAAAH !..."

S : Quoi ? Qu'est-ce que c'est ?

F : Ma femme. J'entends crier ma femme. Je descends à toute berzingue, je résume, j'arrive, je la vois au beau milieu de la cuisine, occupée à pédaler sur place, enfin, "sur place", je devrais plutôt dire "sur glace".

S : J'ai compris. Il y avait une couche de glace.

F : Une couche uniforme sur tout le rez-de-chaussée. Je m'élance...

S : Pourquoi faire ?

F : Mais pour sauver ma femme d'une chute certaine, tiens ! Et hop !

S : Hop ? Quoi hop ?

F : Ben hop, je glisse et je me raccroche à ma femme !

S : Ah ben ça j'aurais voulu voir, tiens ! Et alors ?

F : Et alors, tu nous mettais un numéro sur le dos et une petite culotte fuschia, c'était Holiday on Ice !

S : Qu'est-ce que vous foutiez à Nice ?

F : Holiday on Ice. Ça veut dire Vacances sur Glace.

S : Ah oui, j'ai déjà vu ça à la télé. C'est magnifique.

F : Oui. Mais quand c'est toi qui fais le spectacle, t'as pas la tête à trouver ça magnifique !

S : Et ça s'est bien terminé quand même ?

F : On a terminé troisièmes, ex-aequo avec l'Ukraine.

13:53 Écrit par Wineblood | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

* O_o

Écrit par : Jenn | 04/08/2006

*.*.* Tiens ! Qui voilà, ça faisait longtemps ! :-)

Écrit par : Wineblood | 06/08/2006

* suis passée par ici en anonyme tu sais ^^

Écrit par : Jenn | 06/08/2006

*.*.* Argh, c'est affreux, je lui fais HONTE !! ^_^

Écrit par : Wineblood | 07/08/2006

* Méééé naaaan! Enfin!
C'est quoi cette idée! :)

Écrit par : Jenn | 07/08/2006

*** ;o))

Écrit par : Hariane | 17/08/2006

Les commentaires sont fermés.